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Le Shazam des plantes : quel outil fait vraiment le job

Le surnom de "Shazam des plantes" désigne presque toujours la même application. Pourtant, sa propre fiche officielle précise que les plantes cultivées ne sont pas sa spécialité. Quel identifiant choisir pour votre salon ?

par Bloom 11 min de lecture
Le Shazam des plantes : quel outil fait vraiment le job

Le "Shazam des plantes" est un surnom de journaliste, pas un nom de produit. Aucune entreprise n'a déposé cette marque, et les personnes qui tapent cette expression sur Google tombent presque toujours sur le même résultat : Pl@ntNet. Cette application française, portée par quatre instituts de recherche publics, est surnommée ainsi par la presse depuis au moins 2017.

La partie que les médias oublient de mentionner se trouve pourtant sur la fiche officielle de l'application. Il y est écrit noir sur blanc que Pl@ntNet sert à identifier les plantes "vivant dans la nature" et que reconnaître une plante cultivée "n'est pas sa vocation première". Si votre plante pousse dans un pot au milieu de votre salon, l'application star n'est tout simplement pas conçue pour vous.

Résumé rapide :

  • Ce surnom n'appartient à personne. En pratique, les recherches mènent à Pl@ntNet, qui couvre aujourd'hui 84 710 espèces et compte plus de 1,4 milliard d'images partagées par ses utilisateurs.

  • La fiche officielle de Pl@ntNet sur l'App Store précise que l'identification des plantes cultivées "n'est pas sa vocation première". L'outil a été développé pour la flore sauvage.

  • Identifier une plante est techniquement plus difficile que de reconnaître une chanson. Là où Shazam cherche une correspondance exacte via une empreinte sonore, un identifiant de plante doit estimer une probabilité.

  • Sur le terrain, avec des plantes sauvages, les identificateurs dédiés trouvent la bonne espèce dès la première suggestion dans environ 86% des cas (Hart et al., 2023). Il n'existe aucun test publié sur les plantes d'intérieur cultivées.

  • Pour les plantes d'appartement, il faut une application dédiée. Bloom utilise le moteur de reconnaissance Plant.id, dont la précision est mesurée à 93% par des universités indépendantes. L'application affiche une note de 4,8 avec plus de mille avis et propose une version gratuite.

Qu'est-ce que le "Shazam des plantes" ?

Le "Shazam des plantes" est l'expression utilisée par les médias pour décrire toute application capable d'identifier un végétal à partir d'une simple photo, par analogie avec le célèbre service de reconnaissance musicale. Ce n'est pas une marque. Depuis 2017, ce surnom colle principalement à Pl@ntNet, l'application gratuite de sciences participatives créée par des instituts de recherche français.

D'où vient ce surnom

Shazam existe depuis 2002 et a déjà dépassé les 100 milliards de chansons reconnues, selon Apple. Il est devenu le raccourci universel pour expliquer tout ce qui identifie le monde à travers un téléphone portable.

Appliquée aux plantes, l'analogie a pris. Le Vogue australien a utilisé "Shazam for plants" en 2017. Konbini a écrit "un Shazam pour identifier les plantes" en 2019, en parlant de Seek. 20 Minutes a publié un reportage en avril de 2026 qualifiant Pl@ntNet de "le Shazam des plantes". Au Brésil, ArchDaily a utilisé la même expression, également au sujet de Pl@ntNet.

Pourtant, cette comparaison à la vie dure se heurte à deux limites techniques majeures.

Pourquoi identifier une plante est plus difficile que de reconnaître un morceau de musique

La difficulté réside dans la nature même des éléments à comparer.

La musique a un original. Pas la plante. L'algorithme que Shazam utilise encore aujourd'hui a été publié par Avery Wang en 2003 (PDF do artigo original). Il réduit l'audio à des paires de pics de fréquence, transforme ces paires en codes et cherche une correspondance exacte dans le catalogue. Cela fonctionne parce que l'enregistrement est un objet fixe : la même piste passe à l'identique à la radio, dans les écouteurs et dans un bar bruyant. Shazam ne devine pas la musique, il retrouve le fichier.

Une espèce de plante n'a pas de fichier d'origine. Un même pothos change d'aspect selon la saison, son âge, la lumière qu'il reçoit ou la taille qu'il a subie. Une jeune feuille de monstera ne présente aucune perforation et ne ressemble en rien à une feuille adulte de la même plante. Les cultivars modifient la couleur et les motifs du feuillage sans pour autant changer d'espèce.

Comparação lado a lado de uma costela-de-adão jovem, de folhas inteiras sem furos, e de uma adulta, de folhas recortadas, no mesmo vaso e na mesma luz de janela
Une même espèce, dans la même pièce : à gauche, une jeune monstera aux feuilles pleines ; à droite, une feuille adulte déjà découpée. C'est pour cela qu'une application de botanique estime une probabilité au lieu de retrouver un original identique. Image générée par IA.

De plus, des espèces différentes se ressemblent beaucoup. La fiche de Pl@ntNet prévient elle-même qu'il existe de nombreuses plantes qui se ressemblent de loin, et que ce sont parfois des détails infimes qui permettent de distinguer deux espèces d'un même genre. En musique, deux morceaux différents n'ont jamais la même empreinte. En botanique, deux genres distincts peuvent ne se différencier que par la pilosité de leur tige.

C'est pourquoi un identifiant de plantes vous propose une liste de candidates avec un indice de confiance, là où Shazam vous donne un seul nom précis. Ce pourcentage est la seule réponse qu'un système d'estimation peut fournir.

Avec Shazam, la qualité de votre enregistrement importe peu. Avec une application de plantes, la photo que vous prenez détermine la moitié du résultat.

Quelle application est le véritable "Shazam des plantes" ?

Cinq outils se disputent ce titre informel, chacun ayant été conçu pour des usages bien différents. Pourtant, aucun des guides comparatifs sur le web francophone ne les analyse côte à côte.

Application

Conçue pour

Efficace pour les plantes d'intérieur

Version gratuite

Conseils d'entretien inclus

Plateforme

Pl@ntNet

La flore sauvage et la science participative

Moyennement (selon les auteurs eux-mêmes)

Oui, projet public

Non

iOS et Android

Seek (iNaturalist)

La faune et la flore sauvages, approche pédagogique

Faible

Oui, organisation à but non lucratif

Non

iOS et Android

Google Lens

La recherche visuelle générale

Correcte

Oui, intégré à l'application Google

Non

iOS, Android et web

PictureThis

L'identification et le soin des plantes en général

Oui

Oui, avec limites (version complète sur abonnement)

Oui

iOS et Android

Bloom

Les plantes d'intérieur

Oui, c'est sa spécialité

Oui (2 identifications gratuites par mois et calendrier d'arrosage)

Oui, diagnostic de maladies inclus

iOS

Données issues des fiches officielles et des sites internet des applications, consultées le 22 août 2026.

Pl@ntNet est honnêtement fort dans ce qu'il propose. Il est soutenu par le CIRAD, l'INRAE, l'INRIA et l'IRD, couvre 84 710 espèces à travers 77 flores, et chaque photo envoyée devient une donnée scientifique sur la biodiversité. Il n'a pas de paywall et ne sert pas d'appât pour un abonnement. Sauf que son objectif est d'inventorier la flore du monde, et non de découvrir le nom du pot sur votre étagère.

Google Lens est le plus accessible car il est déjà présent sur la plupart des téléphones. C'est aussi l'outil le moins précis du lot pour la botanique. Mieux vaut comprendre comment fonctionne Google Lens pour les plantes avant de suivre aveuglément sa première suggestion. Pour un comparatif exhaustif, nous avons listé les meilleures applications d'identification de plantes avec les forces de chacune.

Le piège : l'application star a été conçue pour la flore sauvage

Voici ce que dit textuellement la fiche officielle de Pl@ntNet sur l'App Store :

"Pl@ntNet permet d'identifier et de mieux connaître toutes sortes de plantes vivant dans la nature (...) Pl@ntNet peut aussi identifier un grand nombre de plantes cultivées (dans les parcs et jardins) mais ce n'est pas sa vocation première."

En français : Pl@ntNet identifie toutes sortes de plantes vivant dans la nature, et identifie aussi de nombreuses plantes cultivées dans les parcs et jardins, "mais ce n'est pas sa vocation première". C'est écrit par les créateurs eux-mêmes, dans la ficha do app, et aucun des textes ayant surnommé l'application le Shazam des plantes ne cite cette phrase.

La documentation du projet en explique la raison. Pl@ntNet cherche au sein de « flores », des listes d'espèces par région géographique. C'est excellent pour une plante sauvage, qui possède un territoire, et peu utile pour une plante ornementale, dont l'origine est généralement très éloignée de son lieu de culture. Votre pothos vient de Polynésie et se trouve sur une étagère à São Paulo. Aucune flore régionale ne prévoit cela.

Les études scientifiques le confirment. Lors d'un test sur le terrain réalisé en 2023 sur 857 photos, les chercheurs ont délibérément exclu les espèces "exotiques" des parcs et jardins. Les taux de réussite flatteurs souvent mis en avant concernent donc des plantes sauvages photographiées en forêt ou au bord des chemins. Si vous utilisez Pl@ntNet pour vos plantes d'intérieur, découvrez des alternatives à Pl@ntNet pensées pour les espèces cultivées.

Comment prendre une photo qu'une application saura identifier

Cette règle s'applique aux cinq outils. Comme les systèmes estiment une probabilité plutôt que de chercher une correspondance parfaite, la qualité de votre photo influence le résultat final bien plus que le choix de l'application.

  1. Photographiez un organe précis, pas la plante entière. Les fleurs, les fruits et les feuilles concentrent l'essentiel des caractéristiques d'une espèce. Une photo de la plante dans son pot est esthétique mais peu informative pour l'algorithme.

  2. Isolez la feuille sur un fond uni. Placer une feuille bien à plat sur une feuille de papier blanc élimine les éléments parasites en arrière-plan, qui perturbent souvent les modèles d'analyse.

  3. Approchez-vous assez pour distinguer les nervures et les bordures. Ce sont ces détails qui permettent de différencier deux espèces d'un même genre.

  4. Envoyez plusieurs photos si l'application le permet. Pl@ntNet et Bloom vous permettent d'ajouter différents angles de vue pour affiner les suggestions.

  5. Privilégiez la lumière naturelle plutôt que le flash. Le flash a tendance à saturer les couleurs et à effacer le relief des nervures.

  6. Consultez les 5 premières propositions, pas seulement la première. Dans l'étude de terrain de 2023, cette simple habitude a permis de faire grimper le taux de réussite de Google Lens de 57% à 74%.

Si votre plante n'a pas de fleurs (ce qui est classique pour une plante d'intérieur), concentrez-vous sur une feuille isolée en faisant une mise au point nette sur ses nervures. Dans l'étude publiée par PLOS ONE, les applications testées obtenaient de meilleurs résultats avec les fleurs qu'avec les feuilles. En l'absence de floraison, une photo de feuille très nette reste votre meilleur atout.

Les plantes que nous recevons le plus souvent sans nom sont les grands classiques de nos appartements :

Le nom de la plante n'est que le début de l'histoire

C'est ici que l'analogie avec Shazam montre ses limites.

Quand Shazam vous donne le titre d'une chanson, sa mission est remplie. Vous vouliez un nom, vous l'avez obtenu, il ne vous reste plus qu'à écouter. Quand une application vous indique que votre plante est une Epipremnum aureum, vous n'êtes pas beaucoup plus avancé. Vous ne cherchiez pas seulement un nom scientifique. Vous vouliez surtout savoir pourquoi ses feuilles jaunissent, à quelle fréquence l'arroser et si votre chat risque de s'empoisonner en la mâchouillant.

C'est pour cela que Pl@ntNet et Seek, bien qu'excellents pour l'identification, laissent souvent les utilisateurs sur leur faim. Ils ont été créés pour cartographier la biodiversité, pas pour entretenir des plantes d'appartement. Une fois le nom trouvé, vous devez vous débrouiller seul.

Bloom va plus loin pour vos plantes d'intérieur. L'application identifie votre plante grâce à Plant.id, un moteur d'intelligence artificielle dont la précision est évaluée à 93% par des universités indépendantes. À partir de cette identification, Bloom génère un calendrier d'arrosage et d'exposition adapté à l'espèce. La version gratuite propose 2 identifications par mois et le suivi des arrosages. Le diagnostic des maladies par photo est quant à lui réservé aux abonnés Premium. L'application affiche une note de 4,8 basée sur plus de mille avis.

Si vous connaissez déjà le nom de votre plante mais qu'un symptôme vous inquiète, vous pouvez consulter notre guide pour savoir ce qu'a votre plante en observant simplement l'état de ses feuilles.

Quel est le véritable taux de réussite de ces applications ?

Deux études scientifiques de 2023 constituent les meilleures références publiques sur le sujet.

Dans l'étude de terrain publiée dans People and Nature (DOI 10.1002/pan3.10460), seize professionnels de l'écologie ont pris 857 photos avec leur propre téléphone portable, couvrant 277 espèces. Pl@ntNet a trouvé la bonne espèce dès la première suggestion pour 86,6% des photos et a proposé la bonne espèce parmi les 5 premières dans 95% des cas. Google Lens a obtenu 57% de réussite dès la première suggestion.

Dans l'étude de PLOS ONE (DOI 10.1371/journal.pone.0283386), portant sur 38 espèces herbacées photographiées dans leur propre habitat, toutes avec le même appareil et sans traitement d'image, Pl@ntNet a obtenu 88,21 % de réussite avec la fleur et 80,36 % avec la feuille, contre 67,86 % et 55,00 % pour Google Lens.

Deux nuances importantes doivent toutefois être apportées :

On ne peut pas comparer directement les chiffres d'études différentes. Chaque protocole utilise ses propres échantillons, critères et flores de référence. Les comparaisons ci-dessus ne sont valables que parce qu'elles ont été réalisées au sein d'une même étude. Comparer le pourcentage d'une application dans une publication avec celui d'une autre dans une étude différente n'a pas de valeur scientifique.

Aucun de ces tests n'a été réalisé sur des plantes d'intérieur cultivées. Les deux études se concentrent sur la flore sauvage sauvage, l'une d'elles ayant même exclu d'office les plantes de jardin. Pour vos pothos, zamioculcas ou monsteras en pot, il n'existe aucune étude publiée. Prétendre afficher un taux d'exactitude précis pour les plantes d'appartement est donc scientifiquement infondé.

Foire aux questions

Existe-t-il un vrai Shazam des plantes ?

Pas en tant que produit officiel. C'est un surnom donné par la presse aux applications d'identification végétale par photo. En pratique, cette expression désigne souvent Pl@ntNet. Si la comparaison est parlante, elle est techniquement inexacte : Shazam retrouve une signature sonore identique tandis qu'une application de botanique estime une probabilité.

Quelle est la meilleure application gratuite pour identifier les plantes ?

Cela dépend de l'emplacement de la plante. Pour les plantes sauvages, Pl@ntNet est la plus précise des applications gratuites, avec 86,6% de réussite en première suggestion lors des tests. Pour vos plantes d'intérieur, préférez une application dédiée aux espèces cultivées comme Bloom, qui propose également une version gratuite.

Comment trouver le nom d'une plante à partir d'une photo ?

Prenez en photo un organe précis (fleur, fruit ou feuille) sur un fond uni et sous une lumière naturelle. Soumettez l'image dans l'application et étudiez les cinq premières suggestions proposées. Prendre en compte le top 5 augmente vos chances de trouver la bonne réponse de près de 17%.

L'application Pl@ntNet est-elle gratuite ?

Oui. Elle est développée par quatre instituts de recherche publics français (CIRAD, INRAE, Inria et IRD) et fonctionne sur le principe des sciences participatives : vos photos enrichissent la recherche sur la biodiversité. En contrepartie, elle est optimisée pour la flore sauvage, pas pour les plantes en pot de nos intérieurs.

Google peut-il identifier une plante grâce à une photo ?

Oui, via l'outil Google Lens qui est gratuit et souvent déjà intégré sur Android. Lors d'un test scientifique sur 857 photos, Google Lens a trouvé la bonne espèce en première suggestion dans 57% des cas, contre 86,6% pour Pl@ntNet. C'est l'outil le plus accessible, mais aussi le moins précis.

En conclusion

L'application qui porte ce célèbre surnom a été conçue pour la flore sauvage, comme le précise sa propre documentation.

Le choix de votre outil dépend donc de l'endroit où se trouve votre plante. En extérieur ou en forêt, utilisez Pl@ntNet en ciblant une fleur ou une feuille isolée. Pour votre salon, tournez-vous vers un outil conçu pour les plantes cultivées, capable de vous accompagner dans l'entretien quotidien. Bloom répond à ce besoin sur iPhone et iPad, avec une version gratuite pour commencer.

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